à cause de la cause
Je ne comprends pas, parce que la cause m’échappe et que j’ai la flemme de la poursuivre. Et puis est-ce que j’ai réellement envie de comprendre.
Il fut un temps où j’aurai fait des pieds et des mains pour ne pas laisser échapper la cause. Et si malgré tout elle arrivait à fuir, j’avais vite fait de la rattraper et de la mettre au pas.
Quelques fois j’ai même enfermé la cause dans une pièce sans fenêtre. Mais la cause criait, et elle fut entendue.
Des défendeurs de causes ont fait une manif devant la porte de la maison et j’ai du, contre mon grés, libérer la cause avec toutes mes excuses.
Reconnaissante, sur le coup, elle est restée quelques temps près de moi, puis peu à peu ses désirs d’évasion l’ont reprise.
Mais, moi-même, réflexion faite, je m’étais rendu compte que la cause n’avait plus aucune importance pour moi. C’était désormais les effets qui m’intéressaient.
Je pouvais prendre n’importe quelle cause qui passait par là, fuyant je ne sais qui ou je ne sais quoi, je l’accrochais pour quelques jours, ou seulement quelques heures au dessus de la cheminée, enfin juste le temps nécessaire à l’apparition des effets.
Ensuite elle pouvait bien partir où elle voulait, ou restait là, je m’en souciait comme de colin tampon.
Les effets sont beaucoup plus passionnants, car ils sont d’une diversité infinie.
Comme le sait tout un chacun, une cause peut entraîner plusieurs effets.
Je me désintéressais très vite des effets techniques, électriques, mécaniques, des effets réciproques, des effets honorifiques… et autres pour me pencher plus particulièrement sur les effets pervers.
C’est un monde fascinant
Je vais désormais essayer d’en dresser un catalogue en les classant par thème.
C’est un travail de longue haleine et je crains que sans aide ma vie n’y suffise pas. Je n’y arriverai sans doute jamais sans aide.
Je ne sais plus que penser
Le sage dit peut-être.